mardi 2 avril 2013

La spéculation ? Nécessaire, mais attention à l’excès



La spéculation ? Nécessaire, mais attention à l’excès

Avant de parler de spéculation posons-nous la question suivante : Qu’est-ce que la spéculation ?
Pour donner une première définition très vaste, on peut dire que la spéculation est tout acte, d’un agent économique, qui achète un actif de nature quelconque, dans le but de pouvoir le revendre plus tard à un prix plus élevé. Il y a donc l’espoir d’un gain futur. Etant donné que ce gain futur n’est pas déterminé avec une certitude absolue, il y a donc un risque. Toute action spéculative est donc risquée.
Néanmoins, pour le sujet traité, cette définition n’est pas suffisamment restrictive, car à ce moment-là, un simple épargnant serait un spéculateur. En effet, en épargnant on espère en tirer un revenu. Seulement, au moment de placer l’épargne, ce revenu est incertain, car il dépend de très nombreux facteurs comme l’évolution du taux d’intérêt du marché ou encore l’éventuelle future non-solvabilité des banques.
Pour être plus restrictifs, et pour se rapprocher d’avantage de l’image commune du trader sur les places boursières, on va donc dire, qu’un spéculateur est un acteur économique qui adopte de manière usuelle et fréquente des positions risquées sur les marchés, dans le but d’en tirer de gros profits sur un laps de temps (très) court. Ce sont donc généralement des agents détenteurs de gros capitaux financiers qui effectuent des  paris sur la valeur future des actifs sur lesquels ils misent.
Avec cette définition, nombreux seront ceux qui auront tendance à penser directement aux Hedge Funds, ces fonds d’investissements qui gèrent des capitaux gigantesques. Leur but est de faire un maximum de profit en exploitant toutes les possibilités qu’offre le marché. Ces sociétés gèrent tellement d’argent et le misent en si peu de temps, que cela les amène bien souvent à se détacher de la réalité économique des biens sur lesquels ils spéculent pour se concentrer  exclusivement sur les tendances du marché, dictées majoritairement par d’autres traders de même profil. Ce type d’attitude, bien que souvent très profitable à court terme, peut avoir des conséquences néfastes sur l’économie réelle. Mais j’y reviendrai plus loin.
Au jour le jour et dans l’actualité, on entend dire beaucoup de choses sur les spéculateurs et les traders. Il n’est pas rare qu’on les fasse passer pour des parasites nuisibles à notre société et à l’économie.  On dit d’eux qu’ils sont responsables de la crise de 2008 et de celle que connaît actuellement la Grèce. On dit également que ce sont des gens avec peu de scrupules qui se font énormément d’argent en travaillant très peu, surtout si on compare à l’immense majorité de la population qui bosse dur et fait de nombreux sacrifices. Spéculer reviendrait à se faire de l’argent facile.
 Dans le même temps on parle aussi beaucoup de la spéculation sur les denrées alimentaires. Cette dernière aurait des effets dévastateurs pour les populations les plus pauvres de la planète et ferait mourir de faim des millions de personnes à travers le monde, en provoquant des hausses brutales des prix de denrées élémentaires comme le riz ou le blé.
Tout cela c’est, bien sûr, des préjugés. Mais pour beaucoup ils ne sont malgré tout, pas dépourvus de fondement. Tout d’abord il faut savoir que la spéculation a une bonne raison d’être et, dès lors, elle n’est pas prête de disparaitre.
Pourquoi ?
De nos jours, tous les prix sont dictés par les marchés financiers qui se rencontrent sur les bourses. Ce sont eux qui déterminent le prix d’une monnaie, d’une action ou même d’une matière première (pétrole, métaux, denrées alimentaires, etc…). Or ces prix fluctuent et varient continuellement au cours du temps. Ce qui signifient que de très nombreux acteurs économiques sont tributaires de ces évolutions et sont donc particulièrement affectés par le temps qui passe.
Seulement, si ces variations de prix peuvent être avantageuses pour un acteur particulier, elles peuvent aussi très bien lui être défavorables. C’est pourquoi nombre d’entre eux souhaitent se protéger du risque lié au temps. C’est pour cela qu’a été inventé le marché des produits dérivés.
En quoi consiste-t-il ? Il est principalement composé de trois outils, à savoir les contrats à terme, les options et les swaps. Ils permettent de convenir, aujourd’hui, le prix auquel sera revendu un actif dans le futur, peu importe la valeur qu’aura à ce moment-là l’actif sur le marché.

Prenons un exemple pour illustrer le mécanisme. Une entreprise belge exporte du matériel aéronautique aux Etats-Unis. Elle sait que pour couvrir ses coûts, elle doit vendre à (imaginons) 5000€/pièce. Actuellement 1€ vaut 1.3$. Elle passe alors un contrat de 1000 pièces avec une entreprise américaine, pour la somme de 6.500.000$, donc, au cours du jour 5.000.000€. Seulement le contrat tombe à échéance dans 3 mois et l’entreprise craint que le dollar se dévalue par rapport à l’euro. Elle anticipe que 1€ vaudra 1.35$ dans 3 mois. Cela signifie qu’elle ne vendrait plus la pièce qu’à 4818 € et donc, elle ne couvrirait plus ses coûts et pourrait faire faillite. Pour se protéger contre une hausse du cours elle va donc se protéger par un contrat à terme et décide aujourd’hui de racheter 6.500.000$ au prix de 5.000.000€ à l’échéance convenue de 3 mois. Ainsi l’entreprise est sûre de ne pas réaliser de pertes et d’éviter la faillite. Mais, si le cours euro-dollar redescend  et  que l’€ vaut 1.25$, l’entreprise passera alors à côté d’un gros bénéfice.
La possibilité de se protéger et d’éviter le risque est donc importante et très utile économiquement parlant pour de très nombreux producteurs. Mais pour que ceux-ci puissent vendre le risque, il faut bien quelqu’un pour le lui racheter et qui parie dans le sens contraire, car sinon le marché ne serait pas en équilibre. C’est là que les spéculateurs interviennent. Ils rachètent le risque dont les autres ne veulent pas. En outre ils apportent la liquidité dont le marché a besoin pour fonctionner correctement et pour que les producteurs puissent, à tout moment, se protéger avec la certitude de trouver une contrepartie qui prendra le risque inverse.
Les spéculateurs sont donc nécessaires pour que l’économie tourne bien. Jusque-là pas de souci, mais un problème se pose lorsqu’il y a un trop grand nombre desdits spéculateurs sur le marché. En effet, ceux-ci achètent et vendent des produits qu’ils ne possèdent généralement pas, en assurant leur mise par un déposit représentant un certain pourcentage du montant du contrat (en général environ 5%). Ceci permet d’une part à ceux-ci d’obtenir de gros bénéfices grâce à un effet de levier (mais aussi de grosses pertes) et de liquéfier le marché. Mais cela fait aussi en sorte que le nombre de spéculateurs peut devenir beaucoup plus élevé que le nombre d’agent économiques qui cherchent à se protéger du risque. Le problème, est bien là : à présent, ils sont devenus trop nombreux.
Aujourd’hui, la proportion de « purs » spéculateurs sur le marché est devenue beaucoup trop importante. On estime, par exemple, que la valeur des contrats à terme sur le blé est plus de 30 fois plus élevée que sa production effective. Cela signifie que,  sur plus de 30 contrats à terme sur le blé, seul un vendeur en moyenne aura effectivement du blé. Cette disproportion peut, à première vue, paraître innocente et contributive à la liquidité et à la fluidité du marché, mais elle implique surtout que les spéculateurs et autres Hedge Funds auront un impact fondamental sur la détermination du prix, vu qu’ils sont presque seuls à gérer l’offre et la demande. Ceci peut avoir comme conséquence des bulles spéculatives, comme celle de la crise des subprimes de 2008.
Je m’explique : Lorsque le spéculateur décide de prendre une position en pariant sur le prix futur d’un actif, il essaye de savoir si, à l’échéance, le prix augmentera ou diminuera. Supposons qu’il veuille une option sur le blé et aimerait savoir s’il doit l’acheter ou la vendre. Pour ce faire il va analyser différentes données.  Tout d’abord il va se renseigner sur les producteurs de blé à travers le monde et va essayer d’identifier les attentes relatives à ce marché, par exemple : savoir si les récoltes seront bonnes ou mauvaises. S’il s’aperçoit qu’il y a un grand nombre d’indicateurs négatifs (sécheresses et autres catastrophes naturelles, surproduction de bio-carburants, etc….)  alors il aura logiquement tendance à croire que le prix du blé pourrait croître, et il aura sans doute raison.
Cette première manière qu’ont les traders d’estimer les prix futurs des actifs est très importante. En effet, ils recherchent de l’information sur le secteur où ils comptent investir. Ils permettent donc de donner une juste valeur au marché. Ce sont donc des acteurs qui permettent une transparence du marché ! Lorsqu’ils décident d’investir dans les actions d’une société ou les obligations émises par un Etat, ils vont scruter l’entreprise ou l’Etat en question pour identifier leur état de santé économique. Les spéculateurs jouent donc un rôle d’information auprès des autres acteurs économiques.
Prenons, par exemple, le cas de la Grèce. Les spéculateurs (et les agences de notations) analysent de près la situation du pays. Un jour ils se rendent compte que l’Etat grec a une dette trop élevée et risque fort de ne pas rembourser ses créanciers. Ainsi ils avertissent tous les créanciers et créanciers potentiels de la Grèce, que le pays est peu digne de confiance. Conséquence : la Grèce est obligée d’emprunter à un taux extrêmement élevé pour que les investisseur obtiennent un rendement couvrant le risque qu’ils perçoivent. Mais attention, ce ne sont pas les spéculateurs qui sont responsables de la crise en Grèce, mais bien les dirigeants grecs qui étaient aux commandes avant la crise et qui ont endetté le pays à outrance. Les marchés financiers, eux, ont mis ce problème en évidence et le pays doit maintenant payer les pots cassés.
Mais revenons à notre trader qui veut estimer le prix futur d’un actif. La première méthode qu’il peut utiliser est donc d’analyser les données macroéconomiques et tout ce qui tourne autour de la situation économique de l’actif en question. Le problème avec cette méthode est qu’elle n’est en général valable qu’à moyen ou à long terme et la majorité des spéculateurs veulent aussi profiter des fluctuations à court terme du marché. C’est là qu’intervient la deuxième méthode d’analyse. Les traders analysent de près la courbe d’évolution du prix de l’actif. A partir de cette courbe ils peuvent déduire beaucoup de choses (souvent à partir de techniques de trading assez complexes) en analysant les tendances de celle-ci. Si elles sont haussières ou baissières ils peuvent généralement, rien qu’en regardant ces graphiques, prédire que le prix continuera à monter ou à descendre. Comment cela se fait-il ? Et bien, quand les traders dans le monde se retrouvent devant le même graphique, ils auront tous tendance à l’interpréter de la même façon. S’ils décident de parier à la hausse, c’est qu’ils pensent qu’étant donné les fluctuations précédentes de l’actif, la grande majorité des autres acteurs financiers et spéculateurs vont penser comme eux. Si tout le monde parie à la hausse alors effectivement le cours montera. Et c’est là que la spéculation peut devenir néfaste et dangereuse. En effet, si les spéculateurs se contentent de suivre les tendances du marché et qu’ils vont tous dans la même direction sans prendre véritablement en compte la réelle valeur économique des biens en compte, alors il y a un très fort risque de bulle spéculative, comme celle de la bulle immobilière. Les prix sont donc gonflés artificiellement par les traders et ceux-ci continuent et continuent à faire des profits jusqu’à… ce que la bulle éclate ! Et là, c’est l’économie réelle qui peut en pâtir fortement, comme ce fut le cas en 2008, vu que la crise des subprimes a entrainé avec elle une véritable crise économique. C’est aussi la raison pour laquelle les marchés financiers peuvent être coupables des hausses du prix de blé ou du riz. En se contentant d’analyser des graphiques derrière des écrans d’ordinateurs, beaucoup de magnats de la finance se détachent trop de la réalité du terrain. On peut véritablement dire qu’ils se trouvent dans un monde « virtuel ». Et, pour les denrées alimentaires, ça peut devenir très grave, car si ces traders sont trop éloignés de la réalité, ils peuvent causer la mort et la famine de millions de personnes dans le seul but de s’enrichir.
Mais encore une fois, attention ! Les spéculateurs ne sont pas les principaux responsables de la défaillance d’un pays, d’une organisation ou de la hausse des prix d’une matière première. En général ce qu’ils auront tendance à faire c’est d’amplifier le phénomène de hausse (ou de baisse) du cours avec les conséquences que cela peut entraîner.
Mais, sachant que pour des centaines de millions de personnes à travers le monde, la nourriture représente plus de la moitié de leur budget, si le prix des denrées alimentaires double en un court laps de temps, on peut très facilement imaginer la désolation et la famine que cela peut causer. De plus en plus d’organisations élèvent la voix pour dénoncer ces injustices.
C’est pour cela qu’il est important de réguler la spéculation pour éviter qu’elle ne commette d’excès aux conséquences dramatiques. Des solutions ont été proposées mais elles sont assez techniques, souvent difficiles à mettre en œuvre et leur succès n’est pas nécessairement garanti. L’une d’entre elles consisterait à taxer les transactions financières, mais cela est irréalisable à une échelle locale, car les spéculateurs fuiraient vers les bourses d’autres pays. Un des prérequis est donc une harmonisation au niveau mondial. Un autre consiste à rendre les marchés plus transparents, pour comprendre en profondeur comment ils fonctionnent et ce qui s’y passe afin d’être  capables, par la suite, de prendre des mesures adéquates.
En conclusion, il faut donc tout d’abord accorder une grande attention aux préjugés sur les traders et spéculateurs. Ils sont nécessaires au bon fonctionnement de notre économie et assurent la liquidité du marché en plus de racheter le risque dont d’autres acteurs veulent se débarrasser.  Mais, il ne faut pas oublier qu’ils ont tendance à vivre dans une économie virtuelle, s’éloignant de plus en plus de la réalité. Ce détachement peut malheureusement avoir de graves conséquences. Il convient donc d’encadrer la spéculation. L’Europe est d’ailleurs à la traîne en la matière, les positions des différents pays étant trop divergentes.
Les financiers deviennent de plus en plus puissants, mais attention à l’excès, ils pourraient finir par se mordre la queue.

Nicolas Moreno




2 commentaires:

Unknown a dit…

Je trouve ton article très intéressant et bien traité, tu as bien défini la notion de spéculation parce c'est vrai que si on prend le terme au sens large, nous sommes tous en quelque sorte des spéculateurs car nous attendons tous des bénéfices lorsqu'on effectue un placement. J'avais pour ma part la même définition que toi qui est donc une personne qui recherche à faire de gros bénéfice en un laps de temps le plus court possible.

J'aimerais néanmoins apporter quelques clarifications sur les produits dérivés que tu as mentionnés. Il est vrai que ce sont d'excellents moyens de couverture, qu'ils nous protègent du risque de fluctuation et de volatilité des marchés (taux de change, taux d'intérêt, valeur d'une action, …). Cependant, ton exemple ne reflète pas totalement la réalité pour ma part, je suis d'accord avec toi quand tu dis que l'entreprise peut utiliser les produits dérivés si elle s'attend à une dévaluation du dollar face à l'euro. Toutefois, tu n'as pas pris en compte la prime (dont le prix varie en fonction de l'offre et de la demande comme tout produit financier) que l'entreprise sera dans l'obligation de payer afin de se couvrir. Prenons l'exemple d'une option de type CALL, cela donne le droit à l'entreprise d'acheter au taux 1€/1,30$ et donc si le dollar se dévalue bien par rapport à l'euro (1€/1,35$ dans ton exemple), l'entreprise va bien évidemment exercer son option mais devra verser le montant de la prime qui aura été au préalable établi. De plus, si nous restons dans le cas d'options CALL/PUT, l'acheteur d'une telle option n'est en aucun cas obligé d'exercer celle-ci si le dollar se réévalue face à l'euro (1€/1,25$ dans ton exemple). En effet, si le dollar se réévalue, l'entreprise en tirera des bénéfices auxquels elle devra évidemment retirer le montant de la prime. Pour résumer, l'entreprise a le droit et non l'obligation d'exercer son option. Cette obligation existe si on se trouve dans le cas de contrat de type "forward" ou "future".

Pour la crise des subprimes, je ne partage pas totalement ton avis, il est vrai que la bulle spéculative a pu être en partie causée par les spéculateurs sur les valeurs mobilières mais elle est surtout due au manque de rigueur des établissements financiers américains. J'explique mes propos : au cours des années qui ont précédé la crise, les ménages américains pouvaient se voir octroyer un prêt auprès des banques tant que ceux-ci mettaient en garantie leur résidence. Les banques n'examinaient très peu voire quasi pas la capacité de remboursement des ménages et donc leur solvabilité en somme. Un ménage avec des revenus très bas pouvait alors souscrire un prêt sans aucuns soucis. Les intérêts que les ménages devaient rembourser étaient progressifs et suivaient en partie la hausse du marché immobilier. Au début, ils payaient des intérêts très faibles et au fil du temps ceux-ci augmentaient. Quand une défaillance survenait, les banques pouvaient récupérer leur argent en vendant la maison. Mais quand en 2006, le marché immobilier s'est effondré, les banques ne parvenaient pas à récupérer la totalité de la somme prêtée et les mensualités des autres ménages continuant à augmenter, un effet boule de neige s'est produit. Le nombre de défaillance a évidemment augmenté et on est entré dans un cercle vicieux, ce qui a conduit à la faillite de certaines banques et à la crise que nous avons connue. Cette crise nous a atteints car les banques européennes possédaient des produits financiers dans ces banques américaines. Une telle chose n'aurait pu se produire en Belgique, en France ou dans plusieurs autres pays européens parce que les conditions pour l'obtention d'un prêt sont beaucoup plus nombreuses et rigoureuses.

Unknown a dit…

Merci pour ce très bon commentaire, bien argumenté et défendu. J'aimerai néanmoins clarifier certains points, qui ont peut être été mal perçus.

Tout d'abord, tu as bien entendu raison de mettre en lumière qu'avec les options de type PUT et CALL, il y a une prime qui doit être payée et que celui qui achète une telle option a le droit et non l'obligation de l'exercer. Mais ce n'est ici pas le but de l'exposé. Ce sont des détails plutôt "techniques". Je souhaitais mettre en avant le fonctionnement du système et l'importance pour certains agents de se protéger contre le risque.

Deuxièmement, merci pour ton explication des subprimes, ce qui permet de bien mettre les choses dans leur contexte. Ici aussi je dis bien que ce n'est pas la bulle spéculative seule qui est responsable de la crise qui a suivi. Je met en avant, le fait que la spéculation à excès accentue et aggrave le phénomène.

Tu as d'ailleurs très bien expliqué ce qui a conduit à cette crise. Et on se rend compte, que ces banques américaines, ont eu une attitude "trop" spéculative justement. En prêtant à outrance, elles ont formé cette fameuse bulle. Une bulle spéculative c'est comme un château de cartes. Ça peut monter très haut et c'est très joli, mais malheureusement c'est aussi très instable et la chute peut être brutale. Certaines banques américaines ont donc prêté à des taux bien trop bas, mais avec la certitude de ne pas perdre, puisqu'ils avaient le droit de saisir les biens en cas de non-paiement. Tous le monde semblait y gagner, aussi bien la baque que les gens pouvant devenir propriétaires à moindre coût. C'était l'euphorie. Mais il fallait bien que la bulle finisse par éclater. Les taux sont montés. Les gens ont été incapables de rembourser et donc les banques ont toutes en même temps saisi les biens. La suite on la connaît, les biens immobiliers perdent de leur valeur et les banques des milliards. Et c'est comme si personne n'avait rien vu venir.

Tout était trop beau. Les banques ont spéculé sur le fait que le système ne s'écroulerait pas. La spéculation peut faire parfois éloigner le marché de la réelle valeur économique. Il y avait un dérèglement, du à ces fameux taux trop bas et à un moment donné il a simplement fallu que les marchés remettent les choses en place, la bulle ayant atteint une taille critique. Donc ici, ce sont les banques qui en spéculant, sont les principales responsables de la bulle spéculative.

Je le répète, et c'est le point clef de mon exposé: la spéculation est absolument nécessaire pour toutes les raisons que j'ai évoqué (liquidité du marché, transparence, etc.), mais elle comporte aussi des risques de déviance ou d'excès.